quinta-feira, 26 de maio de 2011

Interview - Tribu Magazine


INTERVIEW Thierry Calmont
ARIELLE DOMBASLE RETOUR AUX SOURCES POUR LA « DIVA LATINA » !
Après sa parenthèse enchantée, l’électro-psychédélique sci-fi comics album « Glamour À Mort ! » avec le duo Katerine-Gonzales, notre cantatrice préférée retourne à ses racines latines. Arielle Dombasle a choisi de mettre à l’honneur toutes les chansons qui ont marqué son enfance et son adolescence : chacune étant ancrée à sa propre histoire, lui rappelant des émotions, des émois, des souvenirs, des amours… « Diva Latina » qui sortira le 16 Mai est un disque fédérateur dont les deux piliers sont l’Amour et la danse ! Arielle y reprend des tubes populaires éclectiques, nouveau genre pour elle, plus habituée aux standards classiques et intemporels du Bel Canto, de l’âge d’or américain… Au programme : « La Colegiala », « Mambo 5 » de Louis Bega, « Hijo De La Luna » de Mecano, « Mala Vida » de La Mano Negra… D’un côté, Arielle a tenu à utiliser les instruments locaux (Mexique et Amérique Latine) au niveau des percussions (bongas, congas…), mais aussi à rafraîchir ces tubes en les modernisant d’une touche d’électro sun latino (Daven Keller…). Ce projet lui tenant à coeur, elle y a travaillé d’arrache-pied pendant deux ans, se réinventant elle-même à chaque sortie d’album. Elle revient toujours là où on ne l’attend pas ! Preuve en est avec le premier extrait, « Porque Te Vas », dont le clip est un pur bijou : Arielle incarne l’héroïne et son double masculin, un matador sensuel et viril, qui s’étreignent langoureusement. Autre surprise de taille : « Pata Pata » avec en featuring Mokobe du 113.
Arielle au pays des rappeurs, ça lui correspond tellement, elle qui aime mélanger les genres !Vous avez donc rangé votre cape de Super Arielle au placard ?
J’étais en effet partie dans la science-fiction la plus endiablée. Cette fois, j’ai eu envie de retourner un peu de manière plus proustienne dans des moments latino qui m’ont marquée ces vingt dernières années.
« Glamour À Mort ! » a moins bien marché que vos disques précédents ?
J’ai toujours été disque d’Or voire de Platine et là oui, notre trio pop Gonzales-Katerine-Arielle a dérouté.
Pourtant cet album vous correspondait parfaitement, en France il est dur de se battre contre les étiquettes !
Lady Gaga ne pourrait pas exister ici ! En France, on est encore dans une culture de chapelle. Les seuls qui échappent aux chapelles et au ghetto, étrangement, c’est la communauté gay qui est branchée mode, c’est la sensibilité à l’état pur. En règle générale, les sensibilités sont beaucoup plus calmes, sectaires et embourgeoisées.
Est-ce que cela vous a affecté ?
Non, on a fait des concerts merveilleux à La Cigale et je me suis beaucoup amusée. Nous n’étions pas dans une logique commerciale, mais dans une aventure très artiste d’avant-garde. S’il fallait vraiment ne faire que des choses marketing, ce serait l’horreur ! Au secours…
Comment faites-vous à chaque fois pour vous réinventer ?
La magie, c’est d’être branché sur ce passager clandestin que l’on porte en nous : l’instinct. Il n’est pas raisonnable et est ailleurs : peut-être plus dans le monde de l’illumination, de la divination. Je me suis posée la question de savoir ce que je voulais faire et mon instinct me pousse toujours dans une direction. Là, c’est back to latino groove !
Ce déclic vient comment : une odeur, une couleur, une sensation…
Absolument. Je pensais aux passions amoureuses très violentes que j’ai eu, aussi bien à l’adolescence qu’à l’enfance, où on cristallise sur un petit garçon et/ou une petite fille qui deviennent des dieux : tous nos gestes sont fait pour cette personne qui n’est même pas au courant de l’adoration que vous lui portez ! À 15 ans, je me souviens que j’étais amoureuse d’un garçon extraordinairement beau que je n’avais croisé que deux fois et qui devait avoir 5 ou 6 ans de plus que moi. Il avait une poitrine totalement lisse, un pantalon très bas, des cheveux longs et des yeux bleus. J’en étais folle éperdue, je passais des heures à essayer qu’il me remarque. Il avait une maison au bord d’un lac où j’allais au Mexique, je me mettais des heures au bout d’un petit ponton en prenant des pauses et en faisant semblant de lire pour qu’il me voit. C’était l’époque de « Porque Te Vas ».
Dans le clip vidéo de « Porque Te Vas » vous incarnez votre double masculin : un matador. Ça a dû beaucoup vous amuser ?
Ali Mahdavi (NDLR : réalisateur du clip et photographe) a une vision idéale de la femme, des créatures à Marlene Dietrich, dans une iconographie merveilleuse très 40-50 : des héroïnes hitchcockiennes dans une esthétique très Douglas Sirk. Il m’a dit : « Vous ma déesse qui êtes l’incarnation de la féminité, je suis sûr que pour être aussi féminine, il y a un garçon sauvage qui sommeille en vous ! ». Il a raison car j’ai les deux : je suis un petit soldat combattant. C’est commecela que je suis devenue un matador avec ces petits cheveux courts et plaqués de garçonnet.
Et vous vous étreignez langoureusement et sensuellement…
Nous étions dans l’inconscient parce que finalement qui est-ce que l’on étreint lorsqu’on étreint quelqu’un d’autre ? On est toujours quatre : l’homme en soi, la femme en soi, l’homme en l’autre, la femme en l’autre. C’est un extraordinaire jeu de rôle. Finalement la féminité triomphe et tue la raison ! C’est très mélodramatique.
Cet album est donc un vrai retour à vos racines latines ?
Oui sa couleur, c’est latin swing et je tenais absolument à utiliser les instruments du pays : bongas, percussions… C’est dans le groove tropical swing latin afrocubain. Après ce sont des chansons qui ont parcouru ma vie et qui m’ont émue, par exemple « Mala Vida » de La Mano Negra.
D’habitude vous reprenez des standards alors que là ce sont des chansons populaires très éclectiques ! Un nouveau genre pour vous ?
Ce n’est pas par snobisme, car ce sont des choses que j’ai écoutées à diverses périodes de ma vie et qui m’ont donné principalement très envie de danser ou d’aimer. Elles m’ont apporté beaucoup d’émotion.
Chaque titre a donc sa propre histoire ancrée en vous ?
Oui. J’en avais choisi une vingtaine, mais c’était trop donc nous nous sommes focalisés sur 12 titres.
Vous avez tenu à les moderniser et à les rafraîchir ?
J’aime beaucoup l’électro, c’est l’instrument du XXIème siècle. Bach, Haendel, Mozart ne l’auraient jamais méprisé ! Et d’un autre côté, j’ai aussi voulu des instruments « archaïques » : tout ce qui est domaine de la percussion (bongas, congas, cajon…). Ce que j’ai aimé au Mexique, c’est que l’on fait de la musique en tapant et en créant du rythme sur tout ce que l’on a à portée de main. On a restitué ce côté latin groove afrocubain. La modernité étant apportée par la touche électro.
Sur « Salvaje corazon », vous avez fait appel à Daven Keller qui est assez pointu en électro.
Nous nous sommes rencontrés par l’intermédiaire de Philippe Katerine sur « Glamour À Mort ! ». C’est un génial compositeur, j’aime aussi sa musique de films. J’ai beaucoup travaillé avec lui sur la transcription de l’album à la scène. « Salvaje corazon » est d’ailleurs le seul titre original. C’est une bossa minimaliste, sentimentale, avec une touche d’électro.
On ne s’attendait pas non plus à retrouver un rappeur, Mokobe du 113, sur « Pata Pata ». Vous aimez mélanger les genres !
C’est la chose qui me correspond le mieux ! J’ai vécu 18 ans au Mexique et on m’y a toujours considéré comme une étrangère à cause de ma blondeur. J’ai toujours aimé les étrangers et les univers hétérogènes. Je tenais absolument à reprendre « Pata Pata », c’est la vraie transe tribale internationale. Lorsque je tournais avec Jean-Paul Belmondo à Cuba, c’était la grande mode de ce tube. Je voulais un moment de flow, un peu rap, avec un rappeur français qui ait une voix d’enfer. Mokobe est dans la revendication, mais il a aussi cette douceur, ce timbre de velours qu’ont les voix africaines.
Alors que nos politiciens français font tout pour diviser les Français, vous les réunissez sur un thème fédérateur : la danse ?
Absolument. On peut se dire qu’Arielle Dombasle n’a rien à voir avec le rap pur et dur du 113, alors que les corps et les âmes se rencontrent et se retrouvent sur la danse. Il n’y a plus de barrières ni de frontières ni de préjugés… Cet album est fait pour aller vers les élans fondateurs que sont l’amour, les mélodrames, les choses intimistes, les révolutions intérieures, l’attirance, la danse… avec beaucoup de sentimentalisme. C’est très latin finalement comme démarche.
Est-ce un clin d’oeil aux gays cette reprise de « Hijo De La Luna » de Mecano ?
J’ai même repris « Mujer Contra Mujer » (« Une Femme Avec Une Femme »), mais je n’ai pas encore trouvé la partenaire idéale. Je le ferai plus tard. Autre clin d’oeil, c’est « Porque Te Vas » : cette idée de la petite adolescente languide avec cette voix d’enfant, c’est tout à fait pour la sensibilité gay je crois. J’ai aussi repris « Gopher Mambo » d’Ima Sumac. Jean-Paul Gaultier et Thierry Mugler par exemple en sont fous.
J’ai été surpris que vous repreniez « Hasta Siempre », chanson hommage au Che qui est plus que controversé ?
Je chante l’utopisme de cette révolution, les idées, pas ce qu’elle est devenue ! Surtout pas lorsqu’on sait ce que Fidel Castro a fait, notamment à la communauté gay qui a été persécutée et emprisonnée. Toute l’Amérique Latine a cristallisé sur la figure emblématique du Che, c’est le côté christique, charismatique, beau, idéaliste et utopique qui m’intéresse. Il a soulevé le peuple pour gagner la liberté. C’est ce qui se passe actuellement avec le printemps arabe. C’est exaltant ! Après quand s’applique la révolution à Cuba, ça ne marche plus du tout et puis on apprend des horreurs. Aujourd’hui, il faudrait un nouveau Che à Cuba pour zapper cet affreux régime.
Pourquoi avoir fait l’adaptation d’un air populaire : « El Gato Montes » ?
Au Mexique et dans toute l’Amérique Latine, dès qu’il y a des chevaux, il y a cet air espagnol qui date des conquistadores. C’est fédérateur, cela marque l’entrée des artistes dans l’arène. J’ai voulu écrire des paroles qui sont un hymne à la force, au courage et à l’audace.
Je trouve que vous avez beaucoup de points communs avec Madonna et Lady Gaga : la religion catholique, la spiritualité, le mysticisme, l’attrait pour le sacré, l’Art, le fait d’être une muse…
C’est vrai et je les aime beaucoup toutes les deux. Ce sont deux grandes artistes extraordinairement accomplies, novatrices, bouleversantes, très fortes car c’est très audacieux et périlleux ce qu’elles font.
D’ailleurs pour les 30 ans de Madame Figaro, vous avez incarné Madonna ?
Je me suis beaucoup amusée à faire cette photo. Madonna a toujours été très attachée par l’iconographie qui vient de France et a travaillé avec beaucoup d’artistes français : Jean-Paul Gaultier, Jean-Baptiste Mondino… La France est très novatrice. Lady Gaga et Madonna font confiance à des créateurs qui excellent dans leur art.
Cette année, vous vous êtes encore investie dans la lutte contre le Sida en participant au Sidaction et à l’amfAR ?
Aujourd’hui comme hier, je reste mobilisée dans la lutte contre le Sida car comme beaucoup de monde, j’ai tellement eu d’amis emportés par l’affreux virus. À l’amfAR, j’ai chanté « The Cold Song » de Klaus Nomi. J’aime beaucoup Purcell, j’en ai beaucoup chanté, mais « The Cold Song » est une allégorie tellement belle : l’idée de ce personnage dans son tombeau de froid, il sort comme le printemps et lorsqu’il voit le monde, il veut repartir…
Un mot sur la disparition d’Elizabeth Taylor ?
C’était une diva exquise, grande amie de Michael Jackson et tous ses amis, sont les miens ! On a tellement fait souffrir Michael Jackson : on l’a banni, on l’a montré du doigt, on l’a piétiné… C’est vraiment honteux ! Aujourd’hui qu’il est mort, on le vénère alors que les gens ont été monstrueux de son vivant.
Parlons cinéma, vous venez de tourner dans le dernier Jean-Pierre Mocky « Crédit Pour Tous ». Un autre personnage atypique ?
On ne refuse rien à Mocky. C’est un immense personnage. Comme il n’y avait pas un centime, on a tourné dans l’entrepôt d’Emmaüs. Je n’ai jamais eu une aussi large panoplie de vêtements comme costumes : des années 80 à aujourd’hui. (Rires). Lui n’a jamais eu autant de meubles, car tous les décors sont Emmaüs : le bureau du commissaire, la chambre… On trouve tout chez Emmaüs ! (Rires). Pour les figurants, il a pris les prisonniers en réinsertion qui y bossent. (Rires). C’est improbable ! Après on est allé à Neuilly-Plaisance et il voulait des figurants gratuits. Il a demandé à la mairie de distribuer des tracts pour savoir si quelqu’un voulait apparaître dans le film aux côtés de Michèle Bernier, Dominique Pinon et moi-même. 500 personnes sont venues. J’ai dû prendre des photos avec toute la famille. Il a même fait une tombola pour les figurants : ils pouvaient gagner un vélomoteur. (Rires). Il est dément .

  1. Text Pris de site d'Arielle Dombasl
  2. www.arielle-dombasle.com

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